Test hyperphagie : tout savoir

La prise en charge précoce de l’hyperphagie représente un facteur décisif dans le processus de guérison. Cependant, le diagnostic reste encore peu clair. En effet, l’un des rares symptômes explicite correspond à la prise de poids. Mais, comment savoir vraiment si on fait de l’hyperphagie ? Quels tests sont effectués ? Que faire en cas d’hyperphagie ? Je vous explique tout dans cet article.

Comment savoir si on fait de l’hyperphagie ?

Il existe des signes permettant de savoir si vous faites de l’hyperphagie, aussi appelée binge eating :

  • si vous mangez très vite, jusqu’à une sensation très inconfortable et si vous prenez repas seul ;
  • si vous ressentez une perte de contrôle envers l’alimentation ;
  • si vous avez des relations difficiles dans votre travail ou votre entourage ;
  • si vous avez pris beaucoup de poids ces derniers temps.

Certaines personnes développent d’autres comportements inhabituels comme dérober de la nourriture, manger au milieu de la nuit ou fuir les interactions sociales.

Il est important de déceler précocement l’hyperphagie, aussi appelée binge eating. En effet, elle peut amener à l’obésité avec toutes les complications qui viennent (diabète, augmentation des risques d’accidents cardio-vasculaires, …).

Quel test pour l’hyperphagie ?

Lorsqu’un patient se rend chez son médecin traitant pour parler de son hyperphagie, aussi appelée binge eating, ce dernier l’envoie chez un psychiatre afin d’établir un diagnostic précis, au moyen de différents tests qui permettront de trouver une thérapie appropriée. 

Eating Disorder Inventory -2

Cette méthode standard vise à décrire de manière multidimensionnelle la psychopathologie spécifique d’une personne atteinte d’un trouble du comportement alimentaire. On l’utilise pour les patients, femmes ou hommes, de plus de 12 ans. Il s’utilise dans le cadre d’un diagnostic initial, avant la planification de la psychothérapie ou plus tard, pour mesurer l’évolution durant le traitement. Les 11 dimensions étudiées sont :

  • la recherche de la minceur ;
  • la boulimie ;
  • l’insatisfaction avec son corps ;
  • l’inefficacité ;
  • le perfectionnisme ;
  • la méfiance ;
  • la sensibilisation intéroceptive ;
  • la peur de grandir ;
  • l’ascétisme ;
  • la régulation d’impulsion ;
  • l’insécurité sociale.

Au travers de 91 items, le patient répond lui-même aux questions, en les cotant de jamais à toujours. Le questionnaire dure une vingtaine de minutes.

Le test MINI

Le Mini International Neuropsychiatric Interview correspond à un entretien diagnostique d’une durée de 20 minutes. Il s’appuie sur l’axe I du DSM IV, la référence médicale des troubles psychiatriques.

L’inventaire de dépression de Beck

Créé par le Dr Beck, il correspond à un questionnaire à choix multiples de 21 questions. Il a pour but de mesurer la dépression chez les adolescents et les adultes. Chaque item décrit un aspect du comportement spécifique à la dépression. Les résultats sont donnés pour quantifier les symptômes de l’absence à très grave.

Le test EAT-26

Il s’agit de test de référence des attitudes alimentaires. Il s’appuie sur 3 critères et 26 questions :

  • le score total sur la réelle attitude alimentaire de la personne ;
  • les questions de comportement qui montrent des symptômes du trouble de l’alimentation ;
  • le poids corporel par rapport aux normes de l’âge

Si le score s’avère supérieur à 20, il pointe un niveau élevé de comportement alimentaire préoccupant.

Questionnaire SCOFF-F

Ce questionnaire très court, développé en 1999 par Morgan, permet de découvrir la présence potentielle de TCA chez un patient. Il ne comporte que 5 questions. Le résultat est positif si la personne répond oui à au moins 2 questions.

Inventaire d’anxiété état-trait (STAI-Y)

Il sert à mesurer l’anxiété habituelle et momentanée du patient. Il se compose de 2 échelles de 20 items chacune et évalue :

  • les sentiments d’appréhension ;
  • la tension ;
  • la nervosité ;
  • ainsi que l’inquiétude ressentie par le patient.

Il peut servir de point de départ à une action thérapeutique.

Que faire si on fait de l’hyperphagie ?

Si l’on souffre d’hyperphagie, aussi appelée binge eating, la première étape à franchir correspond à la prise de parole avec votre médecin traitant. Vous pouvez également vous rendre à des groupes de paroles afin de verbaliser ce qui vous arrive. Les personnes présentant une hyperphagie nécessitent une prise en charge thérapeutique à plusieurs dimensions :

  • psychiatrique ;
  • nutritionnelle ;
  • somatique, pour évaluer les dégâts sur les dents, la digestion et le cœur ;
  • et sociale.

Ces différents thérapeutes vont vous apprendre à manger sainement, à surmonter vos désirs compulsifs alimentaires et à retrouver une image positive de votre corps.

Le traitement démarre généralement avec une psychothérapie comportementale et cognitive, qui a pour but de traiter les symptômes visibles et non pas de trouver l’origine des problèmes.

Ensuite, une thérapie familiale (parents, conjoints, …) et une thérapie de groupe peuvent être recommandées. Dans certains cas, une prise en charge médicamenteuse, par le biais d’antidépresseurs, est nécessaire.

À RETENIR

  • Le diagnostic de l’hyperphagie peut se faire au moyen de plusieurs tests.
  • Ils permettent de quantifier et d’évaluer la maladie pour orienter la thérapie.
  • La thérapie comprend plusieurs dimensions et nécessite un projet thérapeutique clairement établi.
  • Les groupes de paroles permettent de se sentir moins seul.

 

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