Qu’est ce que la boulimie ?

Vous avez déjà entendu parler de personnes boulimiques ? Au-delà de la perte de contrôle, ces personnes vivent un véritable enfer. Elle représente un véritable trouble de comportement alimentaire. Elle touche toutes les catégories sociales et tous les sexes. Cette malade peut conduire à des répercussions physiques et mentales irréversibles (problèmes gastriques…). Elle est générée par de nombreux facteurs personnels et sociaux. Heureusement, il est possible d’en guérir, grâce à des diagnostics et une prise en charge de plus en plus précoces ! Je vous donne toutes les clés pour comprendre la boulimie dans cet article.

Qu’est-ce que la boulimie ?

La boulimie correspond à un trouble du comportement alimentaire. Ces derniers sont des conduites alimentaires différentes de celles adoptées par les personnes partageant le même environnement. Ils sont généralement importants et leurs répercussions psychologiques et physiques peuvent être durables et graves.

Elle se caractérise par un besoin incontrôlable d’absorber de la nourriture en grosse quantité, chez une personne qui ne répond pas aux critères de « gros mangeurs ».  Ces crises de suralimentations durent peu de temps, mais peuvent survenir à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.

 

Une fois la crise passée, le sujet atteint de boulimie va alors avoir recours à des comportements compensatoires inappropriés comme pour effacer l’épisode de suralimentation :

  • pratique excessive d’un sport :
  • utilisation de laxatifs ou du diurétique ;
  • jeûne entre les crises ;
  • vomissements provoqués.

Contrairement aux personnes hyperphagiques, le patient qui souffre de boulimie n’est pas en surpoids, en raison des mesures compensatoires. Elle toucherait 1,5 % des 11-20 ans et concerne environ 3 filles pour un garçon. Elle débute plus tard que l’anorexie. On remarque un pic aux alentours de 19-20 ans.

 

Quelles sont les causes de la boulimie

Les causes de la boulimie sont très variables. Cependant, on trouve trois types de causes.

Les causes biologiques

Depuis des dizaines, les scientifiques ont établi un lien entre boulimie et dépression. Certaines personnes seraient donc plus susceptibles à devenir boulimique. Le rôle de la sérotonine a été largement mis en évidence. Ce neurotransmetteur régule l’anxiété, les émotions… Ainsi, un défaut de sérotonine expliquerait une dépendance, qui se traduit notamment par la nourriture.

Des origines psychologiques

De récentes études ont montré que le tendance à développer un trouble du comportement alimentaire était plus élevé chez les enfants ayant subi des violences sexuelles et physiques, avant la puberté. Près de 40% des femmes boulimiques ayant subi une violence sexuelle dans leur enfance ont des crises de suralimentation plus violente que les autres (étude menée en 1992, par le Brit J. Psychiatry).

Une pression sociale

Enfin, les personnes développant ce trouble alimentaire ont souvent une mauvaise image de leur corps, notamment lorsqu’elle se compare au diktat de la minceur prônée encore de nos jours. Elles commencent des régimes drastiques. Le plus souvent ces régimes entraînent une frustration du cors. De ce fait, elles vont le plus souvent craqué, et ainsi surviennent  les premières crises de boulimie.

Quels sont les symptômes de la boulimie

Il existe différents symptômes de la boulimie qui permettent d’établir une première prise en charge. La première correspond bien entendu à la phase de suralimentation. Elles se déroulent de manière totalement incontrôlée, alors que le patient n’a pas faim.

Un autre symptôme correspond à la phase de jeûne, très fréquent entre les  crises, couplé à un sentiment de honte et de dégoût. Pour conserver un semblant de contrôle, la personne malade va alors jeûner pour maitriser la perte de poids.

On note également un changement d’humeur récurrent. En effet, du fait d’un sentiment de frustration et de la perte de sa propre estime, les changements d’humeurs sont de plus en plus fréquents, et l’irritabilité commence à s’installer.

Comment soigner la boulimie ?

Le diagnostic

Le plus difficile dans cette pathologie reste le diagnostic. En effet, les personnes atteintes de boulimie ne veulent pas se faire soigner. Bien souvent, c’est à l’entourage qui doit faire remarquer ce qui ne va pas. Le diagnostic est plus difficile que pour d’autres troubles du comportement alimentaire, comme l’anorexie, car la perte de poids n’est pas spectaculaire. Il n’y a pas non plus de prises de poids ni de réelle carence alimentaire.

Cependant, c’est sur l’aspect psychologique que va se concentrer le diagnostic. Si vous remarquer dans votre entourage qu’une personne ou vous-même présente les symptômes décrits plus haut, il est important d’essayer de discuter. N’étant pas médecin, le meilleur reste à parler à un professionnel de santé. Votre médecin traitant représente certainement la personne la plus qualifiée. Elle pourra établir un prédiagnostic.

La prise en charge

La prise en charge va se faire en plusieurs temps. Un psychiatre va tout d’abord évaluer la gravité de la maladie notamment via un test, l’EDI-2 de Garner, qui date de 1991. Elle permet de décrire en plusieurs dimensions le trouble du comportement alimentaire et s’attarde :

  • sur la recherche de la minceur ;
  • la boulimie ;
  • l’insatisfaction avec le corps ;
  • l’inefficacité ;
  • la peur de grandir

D’autres tests peuvent être effectués en parallèle, pour mesurer notamment la gravité de la dépression.

Outre la prise en charge psychiatrique, le patient va avoir un diagnostic somatique, social et nutritionnel.

La thérapeutique et le suivi

Diverses thérapies peuvent être mises en place. Tout d’abord, il est possible de soigner la boulimie par la psychothérapie. Pendant une heure ou une demi-heure, chaque semaine, le patient a rendez-vous avec  psychologue, pour l’aider à exprimer ses sentiments.

La boulimie peut également se soigner par les thérapies cognitives et comportementales, pratiquées par un psychologue ou une diététicienne.  L’objectif consiste à modifier durablement les habitudes et comportements alimentaires par l’apprentissage de nouveau fonctionnement. Ainsi, durant toute la thérapie, le patient va comprendre les conséquences sur sa santé, préciser le rôle des aliments, réintroduire petit à petit les aliments « tabou ». Selon les patients, la thérapie peut durer un à trois ans.

Le patient peut se voir attribuer également des séances d’hypnoses. Cependant, cette pratique  a une limite. Elle ne va pas chercher l’origine des crises, mais va aider le patient à gérer ses crises de suralimentation. Cette pratique peut être couplée à de la psychanalyse, dont le but est de dénouer les traumatismes en remontant à la source des problèmes psychiques. Cette thérapie demande des années de travail.

La guérison est longue et à tout moment, la rechute est possible. C’est pourquoi participer à des groupes de paroles ne pourra que vous aider dans votre prise en charge. Vous vous sentirez moins seuls. D’autres patients sur la voie de la guérison vous aideront dans les moments difficiles et surtout  dans l’acceptation de la maladie.

Pour les cas où la dépression est très sévère, une prise en charge médicamenteuse est instaurée, notamment par la prescription d’antidépresseurs, dont le rôle vise à réguler la sérotonine

À RETENIR :

  • La boulimie est un trouble du comportement alimentaire ;
  • Après des crises de suralimentation, le patient a des comportements à risques (jeûne, vomissement)
  • Le diagnostic et la prise en charge doivent  se faire le plus tôt possible.
  • Plusieurs thérapies peuvent être combinées pour soigner cette malade

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